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Pascal Briand & les données télémétriques d'un jammer

Pascal Briand & les données télémétriques d'un jammer

Pascal Briand aka Firestarter, joueur des Toulouse Quad Guards et Conseiller Technique National auprès de la FFRS, a expérimenté un système permettant d'enregistrer et analyser les données télémétriques de son match aux Jeux du Roller Midi-Pyrénées 2015. Et il nous fait part de son expérience !

NDLR : Pour profiter de tous les détails de l'article et voir les performances de Pascal, vous pouvez visualiser les données télémétriques de la première mi-temps ici. Et celles de la seconde mi-temps par là !

Depuis quelques temps, je voulais enregistrer les données physiques réelles d'un match de Roller Derby pour voir le type d'effort que l'on réalise lorsque l'on joue.

Durant les Jeux du Roller, la société Puls@care était partenaire et proposait un service de ce type. Il nous suffisait d'emprunter une ceinture cardio qui, pendant le match, diffusait sur un écran nos pulsations cardiaques. Quelques jours après l'évènement, je recevais mon fichier pour l'analyser. La donnée de départ précise que mes pulsations au repos ce jour le était de 60 et que mon max était de 205. (Des données réelles que j'ai indiqué).

Le 60 montre que je suis plutôt dans un état de fatigue car mon record est plutôt à 35 le matin (à la grande époque, mais ça c'était avant). On voit en début de graphique que je ne me suis pas vraiment échauffé car j'étais plutôt pris par l'organisation des épreuves des Jeux. J'ai juste fait une petite séance d'entrainement contre une défense pour me faire la main et les pulsations sont vite montés à 183.

On oberve sur le graphique 13 pics qui correspondent à mes différentes séquences de jeu. Mon seuil aérobie est en général à 175 pulsations. Cela signifie que si je monte au dessus je génère plus une fatigue qui laissera des traces. J'ai 8 passages seulement au dessus de mon seuil et mes pulsations maximales sur cette mi-temps s'élèvent à 193 (soit 95% de mon max).

Au repos entre les jams, je redescends environ à 125 pulsations soit 61%. On voit aussi qu'en fin de mi-temps je récupère moins vite. La petite courbe rouge avec la valeur 54,4 correspond en quelques sorte à la fatigue cumulée. Tant que la courbe monte, c'est que ça va encore. Mais après le pic, si cela ne monte plus c'est qu'on est cuit ! Ce qui était mon cas car je n'étais pas très frais, à cause de la fatigue de l'organisation. Sous le graphique, les LAP correspondent aux débuts des jams.

L'analyse de l'effet de l'entrainement me donne une note de 2,8 sur 5. C'est à dire que ce match permet juste un maintien de mon niveau mais qu'il n'y a pas eu assez d'intensité pour permettre du progrès. En gros si mes coachs avaient vu ça, ils m'auraient grillé en me disant que je faisais un peu mon fainéant (ce qui était le cas). Avec une valeur au dessus de 3 j'aurais créé des adaptations physiologiques qui m'auraient été bénéfiques.

Sur le graphique du dessous, on voit le temps dans les zones : les 11 minutes en bleu prouvent qu'il faut une bonne base foncière pour le derby. Et les autres 0 minutes montrent que je n'ai rien fait de dur ce jour là. J'avais un peu la flemme (grillé). Il y eu environ trente joueuses et joueurs à avoir pris des mesures ce jour là, et certains graphiques montrent un impact physique important pour les bloqueurs comme pour les jammers. Et l'analyse de ces efforts peut représenter un investissement intéressant pour l'amélioration des performances.

Photo par Magic Yannick (Merci!)

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