Training

Coacher sa propre équipe ?

Coacher sa propre équipe ?

Hooligan des Paris Rollergirls nous prodigue quelques conseils pour conjuguer le rôle de joueuse et de coach au sein de sa ligue.

On galère, on n'a pas de coach

Je crois que si on devait établir un top 3 des lamentations de derby girls en détresse, on trouverait cette citation en deuxième position ! Juste après « on n'a pas de gymnase ».
Ok mais… Vous attendez quel genre de coach ?

Un ami m'a fait remarquer que c'est quand même bizarre, pour un sport féminin, de voir si souvent des hommes occuper le poste d'entraîneur. Mince ! Est-ce qu'on aurait encore du mal à associer la femme à une figure d'autorité ? Est-ce qu'il faut nécessairement une grosse… voix pour être coach ?

DO IT YOURSELF !

On ne va pas se mentir, coacher, ça prend du temps et de l'énergie. Il faut compter 10-15 minutes pour planifier l'entraînement, et bien souvent on ne s'entraîne pas aussi bien quand on a le sifflet autour du cou. Mais entraîner son équipe présente quelques avantages non négligeables, comme…. choisir ce qu'on fait !

J'aimerais bien coacher, mais je ne me sens pas légitime

Après avoir entendu cette phrase environ 19 fois, je me suis décidée à faire une liste de quelques conseils pour débuter en tant que coach :

N'hésitez pas à dire que c'est nouveau pour vous, et que vous allez faire de votre mieux. Les filles se montreront certainement plus compréhensives.

Instaurez une routine (si ce n'est pas déjà le cas). Pensez aux différentes étapes qui constitueront votre entraînement : l'échauffement, l'endurance, l'agilité, le derby… Essayez de rendre certaines de ces étapes complémentaires en suivant un fil conducteur.

Attendez le calme pour commencer vos explications. Il ne s'agit pas d'obtenir le silence complet. Ce n'est pas grave si une personne est en train de remettre sa protec et que deux autres continuent de chuchoter. Dans la mesure du possible, commencez vos explications d'une voix posée, ni trop fort, ni trop doucement pour que tout le monde entende.

Assurez-vous que tout le monde ait bien compris le drill en leur demandant s'il y a des questions, et en faisant une ou plusieurs démonstrations.

 Ensuite, il va s'agir d'amener ces 15-20-40 personnes en face de vous à faire ce que vous aviez en tête. Et ça a toujours l'air plus simple dans la tête de celui qui a conçu ou déjà fait l'exercice ! A moins d'avoir des joueuses très autonomes en face de vous, vous ne pouvez pas vous contenter de dire : « voilà, le drill c'est ça, c'est parti. » 

La mise en place du drill nécessite souvent de définir certains paramètres: la durée, les effectifs dans chaque groupe, l'emplacement de chaque groupe, la rotation entre les joueuses... Il vous faudra trouver des consignes simples pour lancer l'exercice, telles que "mettez vous par groupes de 4, dans les lignes droites du track. On changera les jammeuses à mon prochain coup de sifflet etc...

L'entraînement terminé, faites le point. Vous êtes apprentie coache, et votre objectif est donc de vous former. Il peut être judicieux de vous demander après coup pourquoi certains exercices ont moins bien fonctionné que d'autres. A vous de trouver le bon équilibre entre remise en question et confiance en vous (non, tous les feedbacks ne sont pas bons à prendre !) Si vous voulez un retour sur votre entraînement, et les points que vous pourriez améliorer, adressez-vous plutôt à une/ deux copines qu'à tout le groupe.

Enfin, je crois que ce qui fait un bon entraînement avant tout, ce sont les exercices que vous allez proposer, et la façon dont ils vont s'enchaîner pour permettre d'emmener les joueuses d'un point A à un point B dans leur apprentissage. Avant de se lancer, il vaut mieux avoir assisté à un maximum d'entraînements, au sein de sa ligue, sur des bootcamps ou en rendant visite à d'autres ligues.


Voilà, bonnes vacances, bisous, derby love.

Hooligan

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