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Ne serait-il pas temps d’arrêter d’appeler les matchs amicaux des «scrimmages» ?

Ne serait-il pas temps d’arrêter d’appeler les matchs amicaux des «scrimmages» ?

C’est quelque chose qui, en tant qu’officiel, m’a toujours un peu agacé (oui, je m’agace parfois pour pas grand-chose, je sais). La notion de « scrimmage » en roller derby recouvre une telle diversité de rencontres sportives que le terme est totalement devenu incompréhensible. Revenons d’abord sur les bases.

Les différents types de matchs officiels

Aujourd’hui, nous pouvons classer les « matchs officiels » en France selon plusieurs catégories :

Les matchs du championnat de France FFRS :

Ils sont très simples à identifier, ce sont les matchs qui opposent des équipes d’une même zone et/ou division lors d’un plateau officiel du championnat FFRS.

Les matchs WFTDA Sanctionned :

Encore rares en France, ils commencent cependant à se développer avec l’adhésion croissante de ligues françaises à la WFTDA. Il s’agit des matchs comptant pour la saison compétitive WFTDA et ayant une influence sur le classement WFTDA (publié tous les trimestres).

Pour être « Sanctionned » un match doit opposer deux équipes « All-stars » de ligues « Full Member » de la WFTDA, être déclaré auprès de la WFTDA et approuvé au moins un mois en avance. On ne peut pas deviner si un match est « Sanctionned » ou non, il faut que cela soit indiqué ou le demander aux équipes concernées.

Ce sont en fait les deux seuls types de matchs « officiels » existant à l’heure actuelle en France. Mais dans ce cas, vous allez me dire, mais les autres matchs, ils ne sont pas officiels ? Et bien, non, ce sont par absence de caractère compétitif strict, des matchs amicaux.

On peut cependant distinguer un type particulier de match « amical » :

Les matchs WFTDA Regulation

Les matchs dits « Regulation » sont des matchs entre deux équipes de ligues WFTDA (Full Member ou Apprentice), qui se jouent en respectant scrupuleusement les règles WFTDA, mais qui ne sont pas déclarés pour compter dans les classements WFTDA, parce que ce sont des matchs amicaux ou des matchs entre équipes B (entre autres exemples).

L’influence de Flat Track Stats

L’une des raisons principales de cette confusion sur la notion de « match officiel » vient de l’importance énorme accordée au site internet Flat Track Stats (FTS), qui n’est pourtant affilié à aucun organisme qui encadre les compétitions officielles.

Dans la tête de beaucoup de gens, un match « officiel » doit voir ses résultats influer sur le classement FTS et une rencontre non-officielle doit en être absente et ne pas influer ce fameux classement. Sauf que ce classement n'a d'importance que celle qu'on lui accorde, puisqu'il ne s'agit ni du classement officiel WFTDA, FFRS ou d'une autre organisation mondiale ou européenne.

De plus, FTS n’est absolument pas exhaustif, beaucoup d’équipes ignorent son existence et n’y rentrent pas leur résultats, et l’ordre d’entrée des résultats peut parfois fausser la donne. Comme l’a brillamment expliqué Penelope di la Verga dans nos pages, le classement FTS est un indicateur qui est très loin d’être infaillible.

Il reste cependant l’un des seuls à notre disposition pour jauger du niveau européen, notamment, et même moi, je m’en sers afin de commenter les résultats récents des équipes françaises sur 5seconds. Mais il faut le prendre avec des pincettes.

Ok, mais du coup c’est quoi le problème avec le mot « scrimmage » ?

Le problème c’est qu’on ne sait pas toujours ce que cela veut dire.

Etymologiquement, dans la langue anglaise, scrimmage désigne bien des matchs « amicaux », et dérive de « skirmish » qui veut dire escarmouche.

Sauf qu’en France, depuis plus de 5 ans, nous avons utilisé le mot à toutes les sauces, et très très souvent, pour désigner des matchs d’entrainement qui ne respectaient pas toujours à 100% les règles WFTDA.

On a vu des matchs avec des crews d’officiels complets, entre deux équipes WFTDA appelés « scrimmages » mais aussi des matchs intraligues avec des équipes noires et blanches composées au dernier moment, sans NSO, un track tracé à la craie, 3 referees et une mi-temps dans le sens anti-derby appelés aussi… « scrimmages ».

Sans compter que chez certains, cela désigne aussi des séries de jams à l'entrainement, sans structure de match, pour tester des lignes ou des stratégies. C'est, par exemple, une partie de l'entrainement régulier des Gotham.

Forcément, vous conviendrez que les différentes type de rencontres n’ont rien à voir entre elles en termes de qualité et de structure.

Et ça pose problème à qui, en fait ?

En fait, c’est surtout un problème pour les officiels. Un officiel, qu’il soit referee ou NSO, est en apprentissage constant, comme les joueuses.

Mais à la différence des joueuses qui sont évaluées et suivies en permanence par leurs coachs, les officiels doivent suivre leur montée en compétence et leur expérience par eux-mêmes, et doivent donc tenir à jour un « Game History » ou « Derby CV ».

Et pour qualifier cette expérience, ça passe aussi par lister les rencontres sportives arbitrées. Et les qualifier ou non de scrimmages.

Un scrimmage, pour beaucoup de gens c’est un match un peu à l’arrache, et donc ça ne va pas sur un Game History. Alors rendez service à vos officiels, faites des matchs amicaux, pas des scrimmages.

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